Pour naviguer en pleine complexité, pour rejoindre le tissu portant la relation, il s’agit de disposer de cartes.
Des cartes tracées pas à pas.
Des cartes porteuses d’instabilité.
Des cartes qui changeraient en fonction du territoire qui, lui, ne changerait qu’en fonction du navigateur pour en faire partie tout en le contenant.
Des cartes qui pouvaient s’appuyer sur d’autres tentatives de représentation, et parmi elles celles de sauts en complexité : le mourir, le souffrir désespérant puis an-espérant, etc…
Des cartes où pouvaient être portés simultanément les symptômes du soigné comme du soignant.
Auteur : Dr Sébastien ABAD.
Auteur : Dr Sébastien ABAD.
Comment armer notre navigation clinique au cœur d’un tissu dit relationnel ? De quel type de navigation parle-t-on ?
Dans quel contexte la navigation intervient elle ?
Une tension de la clinique vers le débat ontologique. Et non plus l’inverse. Ne plus partir de ce que l’on suppose à propos de soi pour enrichir la clinique, mais partir de la clinique, et d’une approche critique de nos mécanismes interprétatifs de cette dernière, pour interroger ce « soi ». Qui dès lors ne sera plus simplement soi. Avec une incidence indirecte, malgré tout, sur la clinique. Et ainsi, de proche en proche, l’entretien d’une instabilité.
Une instabilité à introduire dans nos cartes – avec les données dites ignorées et les relations entre blocs – et à entretenir pour carte(s).
Une instabilité pour carte(s).
Existait un lieu commun qui voulait qu'il était nécessaire de se perdre afin de mieux se retrouver. Nous l’aborderons avec l’émergence de la carte expérientielle.
Autre lieu commun que celui qui voudrait que la réalité puisse rejoindre la fiction. Ce point illustrerait la carte syncitomatique. Soi comme une souffrance. Soi comme une construction symptomatique.
Et si c’était la fiction de la réalité qui rejoignait la réalité de la fiction ? Et si… cette sentence était celle qui correspondait le mieux aux applications pratiques des cartes de collecte et de projection, avec fort recours aux récits synthétiques.
Donnons nous les moyens d'explorer toujours plus en profondeur ce territoire riche de promesses. Même s'il n'existe qu'une infime probabilité que les entités de soi(s) soient accessibles, hormis ce que nous envisageons être soi, même s'il n'existe qu'une insignifiante probabilité que ces entités soient une réalité, même si nous sommes peut-être près de simplement effleurer une possibilité de changer de regard sur nous-mêmes... N'abandonnons pas. Trouvons les portes. Les points de bascule et de transition. Les portes. Et ne retenons que ces portes. Que la carte ne comporte plus que les seules portes. Une réduction amplificatrice non réductionniste. Un quasi « métaverse » in fine déjà présent dans lequel soi serait symptôme – syncitôme – de ce qu’il considère comme relation depuis son point de vue quand il s’agirait d’une entité complexe à part entière ?
Et avant cette ultime carte, les cartes cliniques. D’abord les cartes cliniques de collecte et de projection. Car les cartes dites cliniques seront une manière de questionner les transitions. Transitions de soi à soi(s) et non plus de soi(s) à soi. Et un terrain pour tester l’abolition de soi et d’autrui alors que persisterait l’expérience de soi(s). D’abord les cartes cliniques. D’abord… mais, ajouterions-nous, « d’abord parce que dès » les cartes cliniques.
Dès ces cartes n’omettons pas de rendre sa place à la possibilité d’un impossible. Non à la promesse d’une possibilité de l’impossible qui est une sous-catégorie d’impossibilité. Sans préjuger de ce qui se passera. Car s’il s’agit de passer d’une possibilité à une autre, d’impossibilité il n’y a plus. Si ce mouvement se fait sans laisser de trace, peut-être a-t-il déjà eu lieu. Et si ce mouvement ne se déroule jamais alors l’impossibilité demeure comme possibilité et non comme promesse de possibilité. Mais demeure malgré tout. Et contraint même indirectement l’environnement immédiat à en tenir compte.
Et parce que nous autorisons l’impossible, nous armons la clinique à devenir pleinement celle de l’expérience de soi(s). Et donc majoritairement de la relation. Pas exclusivement puisque soi demeure encore en tant que tel. Et que la relation s’y trouve réduite à l’inter-individualité. Mais une clinique « pleine » de promesses malgré tout.
Nous résumerons donc les cartes possibles, aujourd’hui, de la manière suivante :
Une autre carte, donc, à mettre en perspective avec la carte de l’expérience de soi(s). Une nouvelle étape qui annonce une transition vers d’autres outils pratiques de collecte et de projection narratives. Mais attention… le terme « narratif » ne renverrait pas ici à la médecine éponyme qui est, nous semble-t-il, une forme de psychothérapie interactive et dynamique. Nous souhaitons nous inscrire en dehors, ou plus exactement en amont, de toute psycho-considération.
Auteur : Dr Sébastien ABAD.
Une proposition résonnait comme une antienne : (…) Nous serions captifs des bruyants échos d'une réduction contagieuse de ce que nos symptômes se renvoient en nous en détachant (…).
La pensée aculée et finissant par se mirer et se pensant penser.
Disposer d’une carte qui offre une première approche de l’expérience de soi(s), une expérience abordée comme un écosystème d’entités parmi lesquelles soi. Une carte qui ferait office de colonne vertébrale et de nef pour les explorations à venir. Une manière de résoudre partiellement le paradoxe consistant à envisager une carte de terra incognita.
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Vous trouverez ici la version martyre d'un chapitre de l'ouvrage en préparation « 23h60 » dont l'objet est de fournir des pistes pour l’exploration stratégique d’un nouveau territoire post-ontologique : complexité de l’être, de ce qui nous entoure et du sens de la vie, avec un fort ancrage dans la pratique.
Vous trouverez également un très court texte synthétisant les premiers traits de cette carte, et une diapositive extraite d'un travail présenté à l'Université Populaire Edgar Morin.
Auteur : Dr Sébastien ABAD.